La passion selon Juette. Clara Dupont-Monod

Publié le par Cath

 

La passion selon Juette, Clara Dupont-Monod, Grasset 2007

 

Juette est née en 1158 à Huy, petite ville de l’actuelle Belgique. Enfant rêveuse, elle est mariée à 13 ans. Elle est veuve 5 ans plus tard. Au cours de ces années, elle aura découvert son dégout des hommes et de leur lâcheté. Désormais, Juette sera une femme qui dit non. Non au mariage. Non aux hommes avides. Non au clergé corrompu. Le seul homme qu’elle accepte est un chanoine, Hughes de Floreffe, qui la comprend et devient son ami.

Violente et lucide, Juette défend la liberté de croire et se révolte contre les dogmes imposés par cette société. Elle choisi alors une religion pure et dépouillée de tout. Elle puise sa force dans ce rejet des conventions et dans ses visions mystiques.

 

Même si le personnage de Juette parait parfois irréel, j’ai aimé l’histoire lumineuse, la force et la foi de cette jeune femme. Sans l’avoir vraiment voulu, elle se retrouve à revendiquer sa liberté au sein d’une société, sous le joug des hommes.

Clara Dupont-Monod écrit des phrases courtes et simples mais disent beaucoup. Alors que les passages écrits par Hughes nous donnent des informations concrètes, les pages écrites par Juette sont remplies d’émotions et de poésie.

 

Extrait :

«Les hommes. Voilà le travail des hommes. Ces murailles que je vais piétiner pour que résonnent encore les cris des cadavres. Je ne hais pas les hommes parce qu’ils sont hommes, mais parce qu'ils ne sont pas vraiment des hommes. Je les hais parce qu'ils n'ont pas su se montrer plus forts que moi. Les papes condamnent, les évêques exécutent, les fils éventrent et les pères abandonnent. Voilà, pour eux, ce qu'est la force. Voilà leur ignorance et leur faiblesse. Seules les mains pures savent haïr et recevoir le privilège de la punition. Les hommes n'ont pas les mains assez nobles. Ce sont des enfants qui s'égosillent dans les arrière-cours et qui, après avoir noyé un chat, se sentent invulnérables. Il leur faut des simulacres de règne pour trouver le sommeil. Sans doute ont-ils bien dormi après le bûcher. »

 

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Publié dans Livres

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